Bien que ce ne soit pas une nouvelle toute récente….je ne pouvais pas passer à côté d’un petit article sur ce qui me semble être l’une des plus belles démarches de story telling marketing on-line dans le luxe depuis longtemps.
Il s’agit d’une oeuvre publicitaire réalisée pour Prada dont le nom nous transporte déjà dans un univers d’onirisme et de contes de fées. Trembled blossoms se traduit par fleurs en éclosion frémissantes.
Le résultat est saisissant et je ne parle même pas de la démarche créative. Pour une fois qu’une marque de luxe se donne les moyens d’offrir aux internautes, aux journalistes, aux amateurs de beau quelque chose qui sort réellement des sentiers battus, il s’agit de le faire remarquer.
Quelle idée merveilleuse de faire appel à James Jean dont le talent irradie littéralement sur mon écran chaque fois que je regarde son travail.Entre l’estampe japonaise classique, le manga, le printempsde Botticelli et la tentation de St Antoine selon Bosch, le style de notre illustrateur fascine, envoûte et plonge la femme dans un univers de sensualité et de mystère. Celle qui porte un sac Prada devient vestale, nymphe, héroïne érotique et intouchable pourtant. La femme qui porte Prada se métamorphose littéralement en objet d’art animé.
“Objets inanimés, avez vous une âme ?”
La démarche fabuleuse de Prada
Tendances….story telling marketing.
Ceux qui me lisent souvent connaissent mon obsession pour cette tendance de fond. Pourtant, combien de marques arrivent à nous offrir de vraies histoires qui nous font rêver ? Combien de marques arrivent à transcender les sempiternels clichés du luxe qu’on nous impose en thèmes à variations à peine dissimulés….
Qu’on les nomme enfin ! Que l’on nomme l’evidance !
” intimité, mystère, puissance, émotion, grigri, maestro, savoir faire, envoûtement, renaissance, jouvence, mythologie, légendes, icônes, sensualité, bare, nude, hypnotique, moderne, raffiné, chic, elegance, pureté, rococo, magie, savoir-faire, intemporalité…”
…tous ces mots qui aujourd’hui deviennent ritournelles galvaudées du jargon publicitaire dit “luxe”…
Mots si doux, si ronds et chauds. Mots mis en images. Mots surtout qui ont perdu leur sens, leur pouvoir d’évocation car vidés de leur substantifique moelle.
Ces mots sont trop souvent décorellés d’une histoire qu’on pourrait nous racontes et qui nous ferait rêver. Le consommateur n’en peut plus, il souhaite revenir à l’essentiel, à la trame, à la narration, au fil rouge.
Miuccia Prada dit bien qu’ “il devient de plus en plus difficile d’attirer l’attention des journalistes. Ils attendent non pas des informations mais qu’on leur raconte des histoires.”
Vive nos journalistes, nos blogueurs, nos internautes qui voisent enfin l’importance de proposer d’avantage que le style, qui osent enfin exiger la magie du conte.
Alors cette histoire fleurie, quelle est elle ?
Une femme qui naît, une femme originelle qui peu à peu se laisse envoûter par la magie de la mode et l’objet de désir absolu, le Sac Prada.
C’est un parcours initiatique entre rêve et réalité où le spectateur est guidé vers le produit sans jamais briser l’enchantement. Il est nourri, diverti, émerveillé et l’objet de désir devient objet transitionnel… grigri symbolisant l’évasion et le rêve.
Et si cette vidéo marquait la genèse d’une nouvelle forme de mode ?
A l’origine le défilé printemps-été 2008. Un défilé inédit. Un défilé conçu comme la création du monde. L’acte créatif remis au centre avec un univers onirique, presque manga. Fiat lux et lux fuit…et les objets de mode naquirent …
Marketing, onirisme, art, et mode semblent trouver un équilibre à la hauteur de nos plus folles espérances. On peut donc faire de l’art en publicité, on peut créer un défilé de mode qui soit d’avantage une histoire qu’un style, on peut faire du placement produit tout en faisant réellement vivre une expérience à l’internaute.
Le ROI dans toute cette poésie ?
Le film a été diffusé le 5 février à New York pendant la fashion week puis lancé sur Internet via YouTube, et toute la blogosphère cinéma, design, art en parle depuis. Le film a été vu plus de 200 000 fois et les magasins vendant le sac Prada se sont vus dévalisés ….aux dernières nouvelles, aux USA la rupture de stock serait proche.
Du défilé au film et du film à l’achat, il n’y a réellement qu’un pas.








