Je viens de lire un article fort intéressant de Jean Baptiste Soufron (étudiant en droit) sur zdnet.fr. Il y détaille le fait que le Gouvernement Italien vient de déposer une loi visant à contraindre les internautes détenteurs de blog à s’enregistrer auprès du « ROC » (équivalent ARCEP en Italie) et à payer une redevance pour obtenir un certificat (!), que ce blog ait ou non une vocation commerciale.

Le ticket d’entrée à la bloggosphère devient tout de suite nettement plus contraignant et pourra décourager plus d’un bloggeur en devenir. Et C’est sans doute le but de cette démarche…
Je n’ai aucune compétence en droit mais j’imagine que l’on tente de canaliser l’énergie débordante des internautes à l’ère du web2.0, époque à laquelle ils deviennent chacun acteurs, auteurs, générateurs de contenus (texte, photos, vidéos… ). Je trouve cette démarche dissuasive d’autant qu’il est toujours possible de retrouver un auteur de contenus illicites ou diffamatoires. Pourquoi vouloir effectuer un travail de fichage systématique « a priori » ? La « page perso » rentre t-elle dans cette loi, quid du cv en ligne et droit de publication en ligne au sens large ?
Certes, c’est un peu la folie en ce moment autour de l’user generated content (UCG). Le peuple peut enfin prendre la parole. Il paraît que 30 000 nouvelles vidéos sont publiées chaque jour sur dailymotion. On estime d’ailleurs aujourd’hui que les UGC (user generated content) représentent 85% de l’ensemble du web. Ce qui signifie en d’autres termes que le web officiel est la partie visible de l’iceberg.
Lorsque Joël de Rosnay parle de pronetariat, ceci implique évidemment la notion de contre pouvoir. En attestent les exemples récents de HSBC ou Poweo (parmi d’autres…) dans lesquels les internautes prennent l’ascendant sur les marques et les contraignent à agir dans le sens qu’ils ont défini. Ce phénomène de mobilisation communautaire peut dépasser le cadre stritement économique (relation internaute <=> marque) pour rejoindre des terrains plus délicats / destabilisants : politique, etc…
Il est fort probable que de telles mesures arrivent en France, car elles affirment notre volonté canaliser un phénomène dont les développements sont en train de nous échapper. Notre société est aujourd’hui caractérisée par un énorme paradoxe :
- D’un côté, un modèle fondé sur une organisation pyramidale centralisée (depuis des millénaires) MAIS qui se digitalise. C’est à dire qui s’appuie de plus en plus sur le réseau web.
- De l’autre, ce fameux réseau neuronal qui par nature est décentralisé dans sa structure et dont il va devenir de plus en plus difficile de vérifier les contenus et les opinions générées.
Vers un avenir digne de Philip K.Dick ? l’avenir nous le dira…
PS : je viens de lire çà sur Rue89, Prodi abandonne l’idée de contrôler la bloggosphère italienne, face au tollé général déclenché par les bloggers italiens