Au mois d’avril, Philosophie Magazine a proposé un dossier passionnant et tellement d’actualité, intitulé “Aimer au temps de l’individualisme”. Au delà du contenu fort intéressant, j’ai été littéralement abasourdi par l’accroche de l’article. Disons qu’elle me parle totalement et qu’elle formalise un état des lieux que je n’avais jamais réussi à verbaliser comme çà auparavant :
“Jamais nous n’avons donné autant de valeur à l’amour. Et jamais l’individualisme n’a été aussi fort, ni la sexualité plus affranchie. Paradoxe ? Non, c’est là, entre indépendance et romance, la forme contemporaine du drame amoureux.”
A mes yeux, c’est exactement çà. Tout est dit. Et vous, çà vous parle ?
Très intuitif le site est construit comme un patchwork d’expériences, d’images, de jeux et de films dans lesquels se plonger, s’attarder, et rêver. C’est un peu comme ces images dans Mary Poppins où l’on pouvait sauter à pied joints dans un monde merveilleux puis revenir et sauter dans un autre … le principe est simple, la réalisation gracieuse et l’expérience légère, fluide, aérienne.
vidéos sublimes de produits, de parfums merveilleux…
…de voyages, de spectacles vivants
Expos photos et images sublimes de chevaux
et surtout des jeux divertissants et simples (j’y aie passée un bon moment)
Voila, une expérience vraiment chouette pour un site qui allie simplicité , immersion, contenu rédactionnel et élégance…presque un conte en ligne.
Je ne vois aucune raison de ne pas parler aux femmes de ce qui pourrait être un moyen efficace de rencontrer l’homme de nos rêves …je sais de quoi je parle, j’ai mis vraiment TROP longtemps avant de trouver le mien…et si j’avais eu un moyen de faire des rencontres qualitatives on-line j’aurais été ravie.
Mais voilà, jusqu’ici, j’ai toujours eu l’impression que les services de rencontre on-line étaient plutôt pour les mecs disons peu enclins à chercher une histoire durable…
Voila qui va changer avec Come in my world. En tout cas çà en à tout l’air…
…Ils organisaient un truc sympa rien que pour les filles. Je me suis dit que j’allais y faire un tour.
C’est demain (25/03) à partir de 21h et il y a un jeu qui nous est exclusivement réservé. Si j’ai bien compris il s’agit de “trouver un homme mystère dans Come in my World. ”
Après la chasse au trésor, la chasse au mec mystère, heeheh…Si on le trouve on gagne un truc….alors gagner un truc pour chercher un super mec mystérieux, je ne peux pas résister !!!
Bref, pour jouer il faut trouver une dénommée “Val” qui donne deux indices pour démasquer le fameux garçon. Avec ces indices on va pouvoir aller bavarder en live avec les différentes personnes présentes, et trouver le bon !
Si on pense qu’on a trouvé ZE mec caché dans la foule il suffit de lui demander le « mot de passe secret» et de retourner voir la miss Val.
Oui mais le mec vaut il le coup et que gagne-t-on ? Et ça nous avance à quoi si ce n’est de taper la causette avec pleins de supers gars potentiellement princes charmants ?
Ben vous allez comprendre très vite pourquoi moi je ne résiste pas à l’appel de come in myworld….quelle nenette bassement interressée (soupir) mais voila :
Come in my World offre un bon d’achat de 200 euros chez Zadig et Voltaire à la première fille qui pourra donner le mot de passe à Val ! Et il fait froid en ce moment ! Un petit top en cachemire Zadig me plairait drôlement.
Haha Olivier, moi aussi j’ai pu obtenir des clefs d’invitaiton !!!! gniark gniark : Pour obtenir les deux indices et trouver le mec mystère c’est donc par ici .les filles …
Je croise les doigts pour qu’au moins une des filles qui lisent ce blog (blog porte chance fu, fu, fu) obtiennent au moins :
Je vous en parlais il y a quelques temps, le site du musée mobile de Chanel continue de nous étonner…
Des webcams en ligne, pour voir le mobile art en live à Hong Kong ! Des podcasts également…Chanel n’hésite pas utiliser la toile de manière innovante pour mettre en valeur cette expo
C’est la une du mensuel papier Technikart de ce mois ci.
Hormis quelques exceptions de taille comme le hors série extrêmement complet du Courrier International sur le Web 2.0, les articles fouillés sur le sujet des réseaux sociaux sont rares dans la presse. Si l’article traite avec une certaine légèreté de la célébrité en général (fini les people et les sous people de la télé réalité, bonjour les micro célèbres !!), on y apprend des choses très intéressantes :
Ainsi une interview du patron de Dailymotion qui nous apprend que la somme des micro célébrités du site est supérieure à l’audience des Blockbusters de TF1.
De fait, avec la désaffection des jeunes audiences pour tout ce qui concerne la TV au profit du web et des réseaux sociaux, la micro célébrité n’est ni plus ni moins que l’application pratique de la théorie de la longue traine en ecommerce. En clair la somme de l’ensemble des produits de niches constitue un revenu supérieur à celle des produits les plus populaires.
Le dossier est très plaisant à lire; on aurait cependant aimé qu’il s’écarte de la micro célébrité en général, pour détailler d’autres extension de cette tendances de fond. En effet, si le magazine décrit particulièrement bien :
- la micro célébrité culturelle et artistique :
Je suis auteur/réalisateur de documentaire et connu des amateurs de musiques Hip Hop West Coast/ Gangsta Rap
J’expose mon art numérique à la gallerie ultra tendance smurtz
- la micro célébrité familiale & amicale
Je suis vidéaste en herbe et je publie mon clip du mariage de ma belle soeur à toutes les personnes présentes
J’entretiens mon cercle d’amis en organisant une multitude d’évènements
On aurait aimé que le magazine étende le concept à d’autres domaines :
- la micro célébrité de proximité géographique/ de quartier
Je suis connu des gens de mon quartier car je gère l’association d’aide aux personnes agées
Je suis en campagne pour les municipales (c’est la mode en ce moment)
- la micro célébrité professionnelle/lobbying
Qui connaît Loïc Le Meur dans le monde du BTP ?
- la micro célébrité de loisirs/de hobbies
J’ai un super bateau télécommandé, et je vais le montrer tous les dimanches à mes potes du club de miniatures du lac Daumesnil au bois de Vincennes
Personne ne le sait au bureau, mais tout le monde s’esbaudit devant mes capacités de danseur de salsa tous les samedi soirs au Barrio Latino
- et certainement d’autres formes de micro célébrités…
En bref, ces effets de micro célébrités, ne sont pas nouveaux, mais le Web a permis d’en tracer les contours de manière plus évidentes et surtout, de les quantifier (magie des statistiques) au point de constituer un point d’ancrage plus intéressant et plus ciblé pour les annonceurs.
700 000 visiteursuniques,200 000 inscrits, un temps moyen passé de 28 minutes, quel marketer ne rêverait pas de ces superbes statistique pour un site de marque ? C’est le petit exploit que vient de réaliser Pepsi Cola pour son site Dewmocracy.
A l’origine, un concept simple, efficace, maintes et maintes fois utilisé : proposer au public de choisir une variation de son nouveau produit. Mountain Dew est une marque de soda très connue aux Etats unis, pourquoi ne pas y impliquer les internautes dans la création d’une nouvelle saveur ?
Tout le succès de l’opération réside dans la réalisation de mécanisme et des moyens mis en oeuvre :
- La création d’un jeu dont vous êtes le héros tout d’abord
- Une superproduction hollywoodienne ensuite
Le pitch : dans un monde déshumanisé et uniformisé, un héros doit inventer un élixir qui va sauver le monde, vous devez ce héros à accomplir sa tâche.
Surfant sur la théorie du complot, à mi chemin entre la série Heroes (les super pouvoirs de gens ordinaire), Blade Runner (pour les paysages urbains et les allusions à l’hyper police), le Seigneur des Anneaux (pour les incartades heroic fantasy et le mythe du voyage initiatique), Dewmocracy est un joyeux fourre tout dont vous êtes le héros et qui fait appel aux capacités personnelles autant qu’au travail de groupe, ainsi vous devez constituer une équipe pour passer des étapes.
Une double dimension participative (je participe à la conception de la nouvelle saveur du produit) et collaborative (je passe des épreuves avec mon équipe) forte qui a permis de générer des inscriptions en chaîne.
Peut-on affirmer pour autant que Mountain Dew est un réel succès ?
Plusieurs questions restent en suspens :
Le budget global reste une inconnue.
Quand on sait que Forest Whitaker est à l’origine de la scénarisation du jeu et au vu du reste des moyen engagés (vidéos hollywoodiennes, plan de communication), on peut penser qu’il s’est révèlé pharaonique et que la rentabilité ne s’effectue que sur le long terme. D’ailleurs les dirigeants de Pepsi Cola ont décidé de repousser la date de fin du Jeu pour en faire une plateforme relationnel durable.
Quid de l’adaptation d’un tel dispositif en France ?
La cible peut-elle être captive ? A priori oui, les ressorts du sites sont ceux des grosses productions ciné/TV qui font un carton en France. Oui mais voilà, l‘attrait du jeu réside dans les moyens considérables mis en oeuvre; hors l’équation française pourrait bien être celle ci : moins d’internautes = moins de moyens = moins d’intérêt ?
En conclusion si on devait résumer cette opération Pepsi, on pourrait dire que la marque a fait preuve d’un bel esprit d’initiative, et qu’un peu d’audace sur le Web peut-être payant, à condition d’y mettre les moyens. Maxime qui n’est d’ailleurs pas tout le temps avérée, mais cela, je le réserve pour un autre billet.